L’autobus de l’enfer!

Pour quitter Bahir Dar, nous avons réussi, à l’aide de notre chauffeur, à trouver un autobus public direct vers Lalibela, le Jérusalem de l’Afrique. Nous arrivons en tuktuk à la gare d’autobus à 5h du matin, prêts pour l’aventure. Les gares, à cette heure du matin, semblent toujours remplies de gens louches. On veut nous aider à prendre nos bagages pas dizaines, on refuse. On trouve l’autobus, celui juste à côté pousse un nuage de son moteur qui souffle DANS notre autobus!

C’est alors qu’un gars nous explique qu’on doit négocier le chargement de nos sacs sur l’autobus, une Allemande me dit avoir payé pour rien, qu’ils ont lancé les sacs et refusé de les attacher, on refuse. On décide de prendre nos sacs avec nous et d’entrer dans l’autobus rempli de monde, mais surtout de monoxyde de carbone…

Le responsable des billets refuse qu’on garde nos sacs, je lui offre d’acheter la place qu’occupe nos sacs, il n’aime pas mon offre et me dit qu’il n’a pas le droit de négocier des prix. On lui dit que si les bagages vont sous l’autobus qu’on accepte de les sortir, il accepte. Nous revenons donc sans sac dans l’autobus, toujours empesté par son voisin pour finalement partir. Malgré la loi qui interdit d’avoir plus de monde que de sièges, le chauffeur préfère avoir plus de monde et d’argent et entasse le monde…

Un peu plus tard, sur la route, le gars viens me revoir, il veut que je lui donne l’argent offert pour garder les sacs avec nous même si nous n’avons pas les sacs. Voyant mon refus répété malgré les nombreux passagers prenant son parti, il fini par abandonné quand je lui ai servi son fameux « j’ai pas le droit de négocier ».

Nous avons fait 10 heures de routes de montagnes avec seulement 3 places. Karine, tu peux passer au prochain paragraphe. Les gens autour de nous commencent à être malade, parfois en silence, mais sur le plancher! Notre alliée allemande se fait montrer la coulée gluante qui touche son sac, elle y passe toutes ses lingettes humides les yeux dans l’eau.

Les gars sont pris avec un seul banc collés sur un monsieur fatiguant et moi j’ai clairement pas des fesses de largeur éthiopienne car je suis à moitié dans le corridor. Lors d’un arrêt, changement de stratégie, je prends le banc pogné près du monsieur avec Félix sur mes genoux. Le monsieur en revenant comprend qu’il sera plus tassé, mais nous, au moins, on aura vraiment trois places.

Je vous épargne les détails sur le policier qui leur a versé une amende et les contrôleurs fâchés, pour vous dire que c’était probablement notre voyage d’autobus le plus désagréable de notre vie de voyageurs à Annie et moi.

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