Ma visite chez les Dassanechs



Pour se rendre dans cette tribu, il faut le faire par bateau poussé par une simple perche. Le bateau est sculpté dans un très gros tronc de figuier. Au début, nous n’étions pas très rassurés, mais lors de l’embarquement, nous avons réalisé que le bateau est très stable. Heureusement que ces bateaux ne chavirent pas, car peu d’éthiopiens savent nager ! (Lisez le texte de Félix : la piscine de Lalibela)








La traversée fut agréable ! Nous étions portés par le courant, j’ai reçu quelques gouttes rafraîchissantes lorsque le capitaine ajustait notre trajectoire. Sur l’autre rive, trois enfants s’amusaient en se baignant tout nu.






À notre approche, notre capitaine a ordonné à un adolescent dans les parages de fouetter les deux plus jeunes enfants avec une branche. J’étais mal à l’aise devant cet écart de valeurs. Notre guide nous a expliqué que ces enfants ne savent pas nager, qu’il n’y a pas d’adulte pour surveiller et que le village est trop loin pour leur porter secours. Bref, qu’ils n’avaient pas la permission de venir se baigner et qu’ils devaient avoir assez mal pour s’en souvenir!




Pour nous rendre jusqu’au village, nous avons marché le long de grands champs avec un système d’irrigation. Avant, les pompes fonctionnaient à l’énergie solaire, il ne reste que les supports des panneaux. Maintenant, les pompes pour apporter l’eau dans les champs sont actionnées par des génératrices à essence. Je n’ai pas compris pourquoi ils ont changé pour un moyen plus polluant.




Au malheur de Rémi, il faisait réellement vraiment très chaud ! À l’approche du village, quelques élèves chantaient et tapaient dans leurs mains pour nous accueillir. Malheureusement, Rémi n’a pas profité de ce bel accueil !












Notre guide nous a expliqué qu’il y a quelques années, le gouvernement a déporté le village afin de faire pousser des plants de coton. Le gouvernement a rasé la forêt du territoire des Dassanechs pour faire des champs de plusieurs kilomètres carrés. Pour se faire pardonner, le gouvernement leur a construit de nouvelles maisons modernes avec des blocs de ciment et un toit en tôle. Toutefois, les membres de la tribu ont refusé d’habiter dans ses maisons. Les femmes plus âgées ont donc construit de nouvelles huttes. Une hutte leur prend 3 ou 4 heures à fabriquer. J’ai eu la chance d’observer trois vieilles femmes à l’œuvre. Elles stressent des cordes autour d’une structure de branches, elles ont même utilisé un ruban à mesurer de couture pour attacher des branches. Pour le toit, la tribu utilise les anciens toits de tôle pour recouvrir leurs huttes. Ça fait bizarre, ces huttes ont un drôle de look !






Pour que Rémi puisse se rafraîchir, notre guide nous a amené au bar, une structure de bois recouverte de feuilles. Cet endroit protège du soleil tout en laisser passer le vent ! Une femme transportant un gros chargement est venue s’y reposer. Quelques hommes sont venus boire de leur fameuse bière (lisez ma visite chez les Hamers) et plusieurs femmes sont venues nous voir par curiosité. Elles nous ont posé des questions sur la réalité de nos enfants. Petit anecdote au marché, un homme nous a demandé pourquoi nos enfants n’étaient pas en train de surveiller nos chèvres !




Notre guide nous a présenté une jeune femme avec pleins de scarifications dans son dos et sur ses bras. C’est en l’honneur de son mari ! C’est en quelque sorte l’histoire du héros du village : le nombres d’hommes et de crocodiles qu’il a tué. (Lisez le texte de Félix : la chasse au crocodile)




Nous avons fait un tour au marché avant de retraverser la rivière.






Ce peuple est une tribu de guerriers, ils sont en guerre avec toutes les autres tribus de la Vallée de Omo. C’est ce qui explique pourquoi nous ne les avons pas revus dans d’autres marchés locaux.

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